Je m’ennuie de chez moi

 

Quand les vents se déchirent sur les angles des toits

Des rues que je traverse à peine,

Quand les journées s’étirent et n’en finissent pas,

Je m’ennuie de chez moi.

 

Quand je sens que l’automne se consume là-bas,

Quand je sais que le feu dévore

Les berges de Garonne où les arbres flamboient,

Je m’ennuie de chez moi.

 

De ce bout de terrain qui a brûlé ma mémoire,

Ce petit point sur le grand canevas

Qu’un grand-père italien a choisi par hasard,

Il y a longtemps déjà,

Il y a longtemps déjà.

 

Quand l’homme au tambourin ne chantait que pour moi,

Quand je me cachais pour l’entendre,

La cabane du jardin, la clef du cadenas,

Il y a longtemps déjà.

 

Lorsque j’y pense trop,

Lorsque mes yeux se froissent,

Puisque je sais qu’il existe sans moi,

Je mets mon cœur en haut des pilotis de glace,

Je continue comme ça,

Je continue comme ça.

 

Lorsque j’y pense trop,

Lorsque mes yeux se froissent,

Puisque je sais qu’il existe sans moi,

Je mets mon cœur en haut des pilotis de glace,

Je continue comme ça,

Quand je m’ennuie de chez moi.